Le privilège de l’ivresse

Avec la viande, l’alcool est également un symbole faisant parti de la construction de l’identité masculine. « Boire comme un homme » est une expression faisant parti du langage courant; les événements rattachés à l’imaginaire de la virilité, comme les soirées foot ou encore les enterrements de vie de garçons sont indissociablement associés à la consommation plus ou moins excessive d’alcool. L’alcool est également un rite de transmission masculin; c’est l’héritage du père, le passage dans le monde des adultes, ce sont les soirées d’intégration mais représente également un des piliers de la tradition et de la culture française. La consommation d’alcool favorise également les comportements qui sont valorisés chez l’homme: la sociabilité, l’humour, l’audace, la confiance en soi etc. La pression sociale de consommer de l’alcool est, par conséquent, beaucoup plus forte chez les personnes assignés hommes.

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L’alcool, ce fléau invisibilisé

Cependant, presque tout le monde s’accorde sur le fait que l’alcool est une drogue et que sa consommation excessive est dangereuse, et parfois mortelle. Ainsi, une étude de l’Inpes en 2003 France déclare que « En moyenne, la consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un décès sur 7 chez les hommes, contre 1 sur 33 chez les femmes ». Devant ses chiffres assez alarmants, on serait donc en droit de s’inquiéter un peu. Mais la consommation d’alcool est presque toujours revendiqué comme une liberté, et dans la tête de beaucoup de monde, l’alcoolique, c’est toujours l’autre. En fait, peu de gens savent à partir de quelle quantité l’alcool peut avoir des répercussions néfastes sur la santé. Ils pensent que si on ne boit pas la semaine mais que l’on prend une cuite tous les week-ends, c’est nickel. Malheureusement, nous sommes très loin d’êtres égaux face à la toxicité de l’alcool et le mythe selon lequel « un verre de vin rouge par jour réduit les risques de cancer » est très répandu.

Mais comme le montre cet article de presse, un verre de vin par jour n’est probablement pas mauvais pour la santé pour la majorité des gens, mais n’améliore en aucun cas la santé de tout le monde. C’est d’autant plus problématique, que beaucoup de consommateurs ont tendance à minimiser leur consommation d’alcool (« un petit verre pour la route ! »). Les lobbys de l’alcool n’hésitent pas à manipuler un peu les chiffres pour vanter les mérites de leurs produits. Alors, je vous sens venir: « Théoooorie du complot ». Petit rappel:

  • La France est le premier producteur et exportateur mondial de vin;
  • Le chiffre d’affaires de la filière alcool française représentait 15,8 milliards d’euros en 2007;
  • En 2008, les ménages français ont consacré 15 milliards d’euros, soit 1 % de leur budget (ou encore 8,6 % du budget « alimentation ») aux boissons alcooliques (source : Insee);
  • Macron a pris récemment comme conseillère agriculture, une représentante du lobby viticole.

Nous ne reviendrons pas sur les risques et dangers provoqués par la consommation fréquente et abusive d’alcool sur la santé, ni tout ce qu’elle engendre comme problèmes (violences, comportements à risque, accidents de la route etc.).

L’alcool, une excuse ?

Les personnes assignés hommes tendent donc à être davantage touchés par les conduites à risque concernant la prise de boissons alcoolisés. Cette étude canadienne montre que la consommation d’alcool et de drogues est fortement liée à la perpétration des crimes. Il nous est presque tous arrivé (moi y compris) d’invoquer l’excuse « j’étais bourrée » pour tenter de justifier notre comportement problématique lors d’une soirée entre amis. Heureusement, dans la plupart des cas, il s’agit de simples anecdotes (« j’ai vomi dans la plante de ma coloc », « j’ai dansé la Lambada les fesses à l’air avec des inconnus dans la rue »). Mais cela devient dangereux quand on essaye derrière cette excuse de justifier des choses beaucoup plus graves comme des agressions verbales, physiques ou sexuelles.

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Les personnes assignées femmes, boivent également, mais on remarque que leurs comportements quand elles sont ivres est souvent beaucoup plus contrôlés par leur entourage que celui des hommes. Ainsi, un homme ivre qui se dévêtit ne sera évidemment pas traité de la même manière que s’il s’agit d’une femme, en particulier du fait du slut-shaming. Un homme ivre qui met la main au cul à une femme (ce qui est une agression) ne sera pas autant condamné que si c’est une femme l’agresseure (elle se fera sans doute traiter de salope). De plus, si une femme est victime d’une agression pendant qu’elle est ivre, on lui incombera souvent la faute (« tu n’avais pas qu’à boire »). Par contre, j’ai souvent entendu des gens excuser les comportements d’un agresseur cis homme par: « oui mais c’est un type bien en temps normal, il fait juste n’importe quoi quand il est bourré, c’est pas sa faute le pauvre« .

Bon, il faut savoir que, d’après la justice française, lorsqu’un crime est commis, le fait que le coupable soit alcoolisé consiste en une circonstance aggravante et peut alourdir la peine. L’alcool n’est donc pas une excuse au niveau de la loi. Boire (de l’alcool) est un choix et non une nécessité, et il est toujours possible de s’arrêter à temps, d’autant que l’on boit souvent en groupe et que des personnes peuvent nous alerter si l’on ne connaît pas encore ses propres limites. Contrairement aux idées reçus, l’alcool ne transforme pas la personnalité, il la désinhibe. Si vous êtes de bonne humeur ce jour là, il y a de grandes chances que l’alcool accentue cet aspect et que vous vous mettiez à sympathiser avec des inconnus. A l’inverse, si vous êtes tristes avant de boire, il y a plus de chances que vous passiez votre soirée à saoûler (ahah) votre entourage avec vos problèmes et que vous finissiez en larmes.

L’ivresse est une sensation qui monte petit à petit. Elle est donc beaucoup plus facilement contrôlable que la prise de drogues plus dures, d’autant plus que l’on a généralement accès au degré d’alcool contenu dans une bouteille. L’ivresse est également souvent planifiée, voulue (c’est d’ailleurs pour ça que les gens sont en moyenne plus souvent ivres en fin de semaine), elle n’est pas une fatalité. Heureusement, la plupart des gens ivres ne sont pas agressifs et ne commettent pas de crimes (sinon il y aurait un gros problème de criminalité). Mais j’ai la désagréable impression que certains hommes cis (et des femmes également) cherchent à se déresponsabiliser totalement de leurs comportements agressifs, du fait de l’alcool. Pour pouvoir continuer à boire malgré les dégâts qu’ils causent. Mais aussi pour échapper à toute punition.

L’instrument du dominant

Offrir par exemple de l’alcool à une femme est, de manière consciente ou inconsciente, de s’attirer les faveurs sexuels de cette dernière. Les boissons alcoolisées sont généralement beaucoup plus chères que les sodas ou jus, il s’agit dans un premier temps d’exhiber son pouvoir économique aux autres (et l’idée reçue que les femmes seraient naturellement vénales). De plus, certains agresseurs sont parfaitement conscients qu’une femme ivre est plus vulnérable et aura moins la capacité d’exprimer son consentement. L’alcool est donc utilisé par les agresseurs comme un moyen de manipulation afin d’obtenir ce qu’ils souhaitent.

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Cette idée que femme ivre= sexe garanti, est également véhiculée dans certaines pubs sexistes, qui assimilent alcool et sexe, où l’on voit des femmes dénudées vantant les mérites d’une boisson alcoolisée. Mais cette image légère est parfois très éloignée de la réalité où la consommation d’alcool entretient cette fameuse zone grise du consentement, qui favorise les agressions sexuelles ou de viols. Si les deux personnes sont alcoolisés et ont un rapport sexuel, on note une différence de comportement en fonction des sexes. Selon le professeur de psychologie à la Wayne State University, pour beaucoup de femmes, avoir été ivre suscite un sentiment de culpabilité et de honte, contrairement aux hommes qui ont tendance à se déresponsabiliser en prenant l’alcool comme excuse.

Le problème est donc que, non seulement, certaines personnes assignées hommes se sentent autorisés à faire n’importe quoi en état d’ivresse, mais également qu’ils n’en n’éprouvent aucun remord ou très peu par la suite (à l’inverse des personnes assignées femmes) ! Là encore, si l’on arrêtait d’excuser le comportement agressif masculin sous alcool, il est possible que ces derniers se sentent obligés de changer de comportements. Il est clair que beaucoup d’hommes cis ne sont pas prêts à renoncer à cette liberté. Mais responsabiliser les hommes au niveau de leur consommation d’alcool aiderait, non seulement les femmes, mais également les hommes eux-mêmes. Car il y a fort à parier qu’elle permettrait de réduire la mortalité et les accidents liés à l’alcool dont sont victimes en particulier les hommes.

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Aragorn, ou la virilité selon Peter Jackson

Je vais maintenant m’attarder sur les différences qui existent entre les livres de Tolkien et l’adaptation cinématographique réalisée par Peter Jackson. Le but n’est pas de recenser dans cet article toutes les différences mais d’analyser les choix de Jackson qui ont pour objectif de renforcer le personnage d’Aragorn et son statut de héros afin d’en faire une icône virile, cherchant à donner un exemple pour les jeunes spectateurs masculins. Malheureusement, nombreux sont les choix de Peter Jackson et son équipe qui sont imprégnés de sexisme.

Différence au niveau du caractère d’Aragorn

 Dans l’œuvre de Tolkien, le personnage d’Aragorn devait être bien différent à l’origine. Il s’agissait au départ d’un simple hobbit, qui accompagnait Frodon et ses amis de Bree jusqu’à Fondcombe. Tolkien n’avait vraisemblablement pas l’idée de faire d’Aragorn un héros, d’ailleurs le personnage principal reste Frodon Sacquet, un hobbit pacifique, qui aime la lecture et les chansons, bien éloigné des standards de virilité moderne. Pour Tolkien, le véritable héros caché de la trilogie n’est pas Aragorn, mais bien Sam. C’est en effet son courage, sa détermination, mais d’abord avant tout son amour et sa fidélité pour Frodon qui va permettre de détruire l’anneau et de sauver la Terre du Milieu. C’est donc, non pas par la force, mais par la ruse et l’amour que le mal va être détruit. On peut dire que Tolkien se démarque donc des épopées épiques qui valorisent principalement des qualités dites « masculines » pour valoriser également des qualités dites plutôt « féminines ».

Cependant, l’œuvre de Peter Jackson s’éloigne de cet aspect en donnant une place considérable aux grandes batailles, auxquelles participent Aragorn : ainsi la bataille du gouffre de Helm occupe la moitié du film les deux tours alors qu’elle n’est décrite que dans un seul chapitre chez Tolkien. De même que la bataille des champs du Pelennor qui tient en un chapitre. On pourrait également rajouter la prise d’Osgiliath, qui n’est pas montré dans le livre (juste raconté brièvement). Les scènes de bravoure du type « Aragorn et Theoden qui sortent les premiers à cheval par la grande porte de la forteresse pour affronter les Huruk-haïs » sont clairement mises en valeur chez Jackson, alors que Tolkien y décrit plutôt l’horreur de cette violence (traumatisme issu de son expérience de soldat lors de la première guerre mondiale). Jackson a également ajouté une longue bataille à la fin du premier film, ainsi qu’une autre dans le deuxième avec la charge des Ouargs.

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Le personnage d’Aragorn est très différent dans le film : tout est fait pour que le public s’y attache. Ainsi, Aragorn semble décrit au départ par Jackson comme un type ordinaire, un peu voyou sur les bords. On ne connaît pas son passé, ni pourquoi il décide d’aider soudainement Frodon, ce qui contribue à le rendre mystérieux et attirant. Aragorn est également montré comme plus humain dans le film que dans le livre ; il doute beaucoup, alors que dans le livre, sa destinée semble déjà toute tracée. En effet, avant le début de la Communauté de l’anneau, on apprend qu’Aragorn a déjà accompli toute sorte d’exploit : il a été élevé à Fondcombe par les elfes, a déjà combattu les forces de Sauron en Rohan et au Gondor, effectué des voyages périlleux à travers le monde, est devenu pote avec Gandalf et a traqué Gollum pendant des mois jusqu’à réussir à le capturer. Son ascension paraît donc plus logique et moins fulgurante que dans les films. Il est présenté comme un homme particulier, car héritier d’une lignée d’anciens rois de Numenor, il a une longévité beaucoup plus grande que celle des hommes standards. Ce qui n’est pas du tout mentionné dans le film (à part une scène coupée dans le deuxième film où Aragorn révèle son âge à Eowyn). Aragorn n’est pas particulièrement attachant dans le livre, c’est pourquoi nombreux sont les gens à préférer Faramir par exemple, car Aragorn est montré comme trop parfait, trop noble, trop sage, un peu à l’instar des Elfes.

Dans le film, le personnage d’Aragorn est humanisé, notamment à travers sa relation avec Arwen, développé beaucoup plus que chez Tolkien. Il l’aime, mais ne peut être avec elle, il va donc poursuivre une quête pour se montrer enfin digne de son amour. Amour qu’il va bien sûr gagné une fois son ascension en tant qu’héros soit au plus haut.

Aragorn se voit également attribué beaucoup de passages héroïques qui n’existent pas dans le livre. A la fin de la Communauté de l’anneau, Aragorn affronte un chef Huruk-Hai, particulièrement cruel et sauve Boromir d’une flèche dans la tête (bien que Boromir finisse par succomber à ses blessures). Cette scène a été inventée pour créer une fin épique, et valoriser le courage et la force d’Aragorn. Une autre scène a été ajoutée, il s’agit de celle où Aragorn laisse partir Frodon.

En effet, dans les romans, Aragorn n’est nullement au courant du départ de ce dernier, puisqu’ils ne se croisent pas pendant la bataille et ne fait que le deviner. Dans cette scène, on montre Aragorn résister valeureusement à la tentation de l’anneau et affronter par la suite une trentaine d’orques à lui tout seul, pour laisser le temps à Frodon de s’échapper. Je trouve cette scène assez gênante, puisqu’elle semble créer uniquement dans le but de l’opposer à Boromir, qui est considéré comme faible mentalement, car il n’a pas pu résister à l’anneau, mais aussi physiquement car il finit par mourir dans la bataille, contrairement à Aragorn. De plus, cela entre en contradiction avec le message du film qui déclare qu’aucun humain ne peut résister à la tentation de l’anneau (et que même des êtres surpuissants comme Saroumane peuvent y succomber).

aragorn_3Dans le film les deux tours, la fausse mort d’Aragorn lors du combat avec les Ouargs permet également de renforcer la sympathie du spectateur vis-à-vis du personnage. Cela permet de montrer tous ses amis accablés par le chagrin, preuve qu’Aragorn est aimé de tous. Mais surtout, cela lui permet de faire une entrée classe dans la salle du trône pour prévenir tout le monde que les orques sont en marche pour les exterminer (comme si le roi n’avait pas assez d’éclaireurs dans son royaume).

Dans le film du retour du roi, le leadership d’Aragorn dans la dernière bataille semble aller de soi. Or, ce n’est pas le cas chez Tolkien, Aragorn, hésitant même à se présenter dans Minas Tirith sous sa vraie identité, de peur de s’attirer les foudres des seigneurs du Gondor. Dans le livre, les talents de guérisseur sont également mis en avant, ce qui n’est pas le cas chez Jackson, qui préfère mettre en avant ses valeurs guerrières. Dans le film, on a également l’impression que c’est Aragorn qui renverse l’issue de la bataille des champs du Pelennor en débarquant avec son armée des morts alors que dans le livre, c’est bel et bien l’arrivée des Rohirrims qui change la donne.

On peut noter également le geste d’Aragorn qui s’élance en premier dans la bataille finale du dernier tome, son combat interne pour lutter contre la tentation du pouvoir que lui offre Sauron, puis son combat valeureux avec un troll (au départ, Peter Jackson voulait le faire affronter Sauron, mais heureusement l’idée a été abandonnée). Dans les livres, nous n’avons rien de tout cela puisque la bataille est racontée du point de vue de Pippin.

Modification des personnages masculins pour mettre en valeur Aragorn

Beaucoup de personnages qui gravitent autour d’Aragorn ont été remaniés dans le but de valoriser la figure masculine de ce guerrier.

Tout d’abord, on peut citer Frodon dans le premier film. Frodon est en effet bien plus courageux chez Tolkien : il résiste vaillamment face aux Nazguls lors de l’attaque du Mont Venteux, et sa blessure ne l’empêche pas d’essayer de les semer et de tenter de leur faire face sur les gués de Bruinen. Dans le film, c’est Aragorn qui met une raclée aux Nazguls tout seul sur le Mont venteux et prend en charge Frodon, mortellement blessé, jusqu’à l’arrivée d’Arwen.  Il y a également Boromir, pour les raisons que j’ai cité plus haut, son personnage est dévalorisé car il est le seul capable de faire de l’ombre à Aragorn dans la communauté. En effet, les hobbits ne peuvent rivaliser, de par leur physique, mais aussi parce qu’ils ne sont pas des guerriers. Legolas est bien trop efféminé et Gimli est tourné sans cesse en ridicule, si bien qu’Aragorn reste la seule figure virile du groupe, il devient d’ailleurs le leader suite à la « mort » de Gandalf.

Un autre personnage effacé face à Aragorn est Eomer dans les deux derniers films. Son personnage joue un rôle beaucoup plus important chez Tolkien, puisqu’il mène l’assaut en compagnie d’Aragorn dans deux des grandes batailles des livres. Leur amitié est davantage développée, Aragorn le considérant comme son égal, et non comme son vassal, contrairement au film, où le personnage d’Eomer est tellement peu développé qu’il reste dans l’ombre du roi (on ne sait même pas d’ailleurs qu’il devient roi du Rohan après la mort de Théoden).

Théoden a également été remanié dans le film les deux tours. Il se montre cruel envers Grima, essayant de tuer ce dernier à coup d’épée, mais bien évidemment, Aragorn l’en empêche, afin de montrer au spectateur combien Aragorn est miséricordieux. C’est également lui qui va encourager le roi du Rohan à se battre, ce dernier doutant de la victoire, chose qui, d’après mes souvenirs, n’existe pas dans les livres.

faramir-movieMais le plus grand massacre est sans doute celui de Faramir. C’est un personnage qui a le même potentiel qu’Aragorn dans le livre : il est sage, ami avec Gandalf, il descend d’une haute lignée, c’est un bon capitaine aimé de son peuple, la violence le répugne, il est courageux et frôle la mort après avoir tenté de défendre sa cité, il finit avec une fille à la fin, et résiste au pouvoir sombre de l’anneau ! Mais Jackson ne veut pas que quelqu’un fasse de la concurrence à Aragorn, on va donc inventer des scènes où Faramir serait tenté par le pouvoir de l’anneau et où il se montre particulièrement infect avec Frodon, Sam et Gollum. Vouloir apporter un aspect sombre au personnage de Faramir, pourquoi pas, histoire de nuancer le personnage, mais le problème, c’est que les autres aspects de la personnalité de Faramir sont complètement éclipsés. Reste un personnage assez antipathique dans les deux tours, puis un personnage dont on a pitié dans le retour du roi parce que son père est totalement ignoble.

En parlant du père, évoquons le cas de Denethor. Certes, Aragorn et Denethor n’interagissent pas mais ils sont mis en quelque sorte en rivalité pour le trône du Gondor. Denethor dans le livre, est présenté au départ comme beaucoup plus sage et rusé que dans le film (bien qu’il finisse également par sombrer peu à peu dans la folie). Chez Jackson, Denethor devient un personnage pathétique et très antipathique, très cruel et égoïste, alors que le personnage est plus nuancé dans les bouquins. Tout est fait pour montrer l’incapacité de ce personnage à gouverner et le chaos qu’il provoque, et légitimer ainsi l’accession d’Aragorn au trône.

Pour finir, on pourra également noter certains personnages masculins complètement effacés du film parce qu’il ne faut pas faire trop de concurrence à Aragorn, comme le prince de Dol Amroth et autres princes du Gondor, ou bien encore les fils d’Elrond.

Fragilisation des personnages féminins pour mettre en valeur Aragorn

 Commençons par Arwen. Tout d’abord, il faut saluer l’initiative de Peter Jackson d’avoir donné un peu d’épaisseur au personnage d’Arwen, qui est assez invisible dans les livres. Certes, dans les films, elle sert avant tout comme intérêt amoureux d’Aragorn, mais heureusement, le personnage n’est pas réduit uniquement à cette fonction. Ainsi, elle sauve Frodon des griffes des Nazguls et n’hésite pas à leur faire face, convainc Aragorn d’embrasser sa destinée et représente la difficulté du choix offert aux elfes entre éviter la guerre et les affaires humaines en fuyant la terre du milieu ou bien rester pour soutenir les hommes mais prendre le risque de mourir comme eux.

Deux points me chiffonnent cependant. Le premier, c’est qu’Arwen tombe malade dans le Retour du roi, uniquement dans le but de faire réagir Aragorn pour qu’il accepte l’épée et l’héritage de ses ancêtres. Ici, Arwen est réduite à un statut de demoiselle en détresse dont la guérison ne dépend que de la victoire d’Aragorn. Bon, déjà, ce n’est pas du tout réaliste (la santé d’une demie-elfe lié à un anneau de pouvoir créer par Sauron, mmm ça me laisse perplexe), mais en plus, cette scène ne sert qu’à développer le personnage d’Aragorn (et un peu celui d’Elrond quand même). On ne reparle pas du tout de la maladie d’Arwen, elle semble même se porter comme un charme lorsqu’elle retrouve Aragorn.

hochzeit-cb182708Le second, c’est les retrouvailles entre les deux tourtereaux. Aragorn, qui vient d’être couronné roi devant toute la foule de Minas Tirith, accueille ses amis les elfes. Et dès qu’il aperçoit Arwen, il ne peut s’empêcher de lui sauter dessus en l’embrassant fougueusement (sans lui demander son avis, évidemment, le consentement, personne ne sait ce que c’est visiblement) !!! Devant son père et touts ses amis en plus !! Autant dans le livre, cette scène serait plus logique vu qu’Aragorn et Arwen sont fiancés depuis un moment, mais dans le film, ils se sont séparés depuis le départ de Fondcombe d’Aragorn (on le voit dans un flash-back des deux tours). Aragorn flirte avec Eowyn, et Arwen est même sur le point de quitter la Terre du Milieu, on peut dire que le mariage était quand même mal barré ! Alors en tant que roi qui vient de se faire couronner, tu embrasses une fille avec qui tu n’ai même pas fiancé, que tu n’as pas vu depuis des mois, devant toute sa famille, dans un contexte médiéval, c’est bizarre, ça choque personne (d’ailleurs tout le monde applaudi oO).

Parlons maintenant d’Eowyn. Là encore, on peut noter des différences.

A sa première apparition dans le deuxième film, elle est présentée en détresse face à la mort de Theodred. Sa situation ne fait qu’empirer lorsque Eomer est banni et que Grima essaye de lui faire des avances, profitant du fait qu’elle soit désespérée. L’arrivée d’Aragorn apparaît comme une libération pour elle, Eowyn est enfermée dans une cage, et c’est Aragorn qui va l’en délivrer. On notera qu’Eowyn retrouvera rapidement le sourire après l’arrivée d’Aragorn, et replongera à nouveau dans le désespoir lorsqu’elle pense qu’il est mort. Eowyn semble également beaucoup plus courir après Aragorn que dans les livres : dans une scène coupée, on la voit même cuisiner une soupe pour son bien aimé, activité typiquement attendue d’une femme, ce qui s’éloigne totalement du personnage du livre !! On peut également noter le discours que tient Aragorn à Eowyn lorsque qu’il la quitte pour s’aventurer sur le chemin des morts. Dans le film, Aragorn met clairement fin aux espérances d’Eowyn en lui disant que son amour n’est qu’une illusion et qu’elle se trompe sur ses sentiments. Ici, Aragorn est en position de force et se targue même d’être plus doué pour définir les sentiments d’Eowyn qu’elle-même !! Ce n’est bien sûr pas du tout le cas dans le livre, on a même une tirade très intéressante d’Eowyn qui critique le paternalisme et le sexisme d’Aragorn ;

“All your words are but to say: you are a woman, and your part is in the house. But when the men have died in battle and honour, you have leave to be burned in the house, for the men will need it no more. But I am of the House of Eorl and not a serving-woman. I can ride and wield blade, and I do not fear either pain or death.”

Traduction: « Tout cela revient à dire : vous êtes une femme, et votre place est à la maison. Mais quand les hommes seront morts au combat, dans l’honneur, vous pourrez brûler avec elle, car les hommes n’auront plus besoin d’un toit. Mais je suis de la Maison d’Eorl, et non une femme servante. Je puis monter à cheval, je sais manier l’épée : et je ne crains ni la souffrance, ni la mort. »

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Aragorn, lâche Eowyn, bon sang !

De plus, Eowyn est beaucoup plus badass dans le livre quand elle se bat, que dans les films. Elle ne tremble pas lors de sa confrontation avec le roi sorcier, contrairement à ce que montre Jackson. Dans une scène coupée, elle est même sauvée d’un orc par Aragorn (oui parce qu’une femme n’est pas capable de s’en sortir seule sans l’aide d’un homme). Sa romance avec Faramir est renvoyée à la version longue, parce que bon, faudrait pas qu’elle tourne la page trop vite, vu qu’Aragorn est le mec parfait si on le compare à Faramir.

Conclusion

Pour conclure, Peter Jackson et son équipe ont donc transformé le personnage d’Aragorn en héros hollywoodien type. Certes, à la base, Aragorn est le stéréotype du héros : homme blanc cisgenre, hétéro, valide, d’un âge mûr, beau gosse, fort mais intelligent également. Et ce n’est pas vraiment ce qu’est Aragorn le problème : c’est bel et bien la façon dont ses actes et le personnage sont représentés à l’écran. Mais le plus gênant demeure que ces changements aient un impact sur les autres personnages. Bien sûr, tous ces changements peuvent être également motivés par d’autres raisons et que les choix de Jackson aient été inconscients. Cependant, cela ne change rien au résultat et donne un bel exemple sur la façon dont Hollywood construit ses modèles de masculinité.

Masculinité et carnisme

Selon une étude de Yann Plancqueel en 2008, en France, 75% des végétariens sont de sexe féminin. On retrouve à peu près la même répartition au niveau des sexes en Allemagne. Alors pourquoi les femmes sont-elles davantage séduites par le végéta*isme ? Pourquoi lors d’un barbecue les hommes se réservent le droit de préparer la viande et d’en manger en grande quantité et qu’ils laissent le soin aux femmes de s’occuper de la salade ?

Il existe de multiples rFood porn viandeaisons qui expliquent cet écart entre les hommes et les femmes : viande associé à la virilité/force, les femmes faisant plus attention à leur santé et/ou leur ligne donc elles mangent davantage de légumes, raisons culturelles (le stéréotype de l’homme qui chasse et de la femme qui se consacre à la cueillette), etc. Mais aujourd’hui, nous allons nous intéresser au lien qui existe entre le sexisme et le spécisme, une des raisons qui explique pourquoi tant de femmes éprouvent de l’empathie envers les animaux et choisissent de bannir la viande et le poisson de leur assiette.

Une inégalité remontant à des temps anciens

Un parallèle est également établi entre le racisme, le spécisme et le sexisme : il s’agit, en effet, de considérer un groupe d’individus inférieurs afin de pouvoir mieux les exploiter. C’est bel et bien l’exploitation du point de vue économique qui contribue au développement de comportements sexistes, racistes et spécistes chez les humains, et non l’inverse. Cependant, le spécisme et le sexisme se distinguent du racisme par plusieurs points : ils sont beaucoup plus anciens que le racisme (de nombreux chercheurs s’accordent pour dire qu’ils remonteraient à l’invention de l’agriculture alors que le racisme remonterait plutôt au début de la colonisation) et ne sont toujours pas condamnés de nos jours, et normalisées.

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Alors, certes, il existe toujours des racistes et des gens souffrant de cette inégalité. Mais l’exploitation, même si elle continue d’exister, est clairement condamnée, du moins dans les démocraties occidentales. Pour nos sociétés, toute personne qui martyrise, exploite quelqu’un sous prétexte qu’il a une peau d’une couleur différente devra répondre de la justice.

Par contre, de nos jours, il est tout à fait banal d’exploiter les femmes, pour du sexe majoritairement, et les animaux, pour se nourrir majoritairement. La prostitution, qui est bien l’exploitation du corps de la femme pour le plaisir de l’homme n’est pas condamnée dans la plupart des sociétés, et c’est sur la victime que retombe la faute la plupart du temps (traiter une femme de prostituée est considérée comme une insulte). Le viol, en particulier le viol conjugal, qui est une autre forme d’exploitation, est banalisé, voir, dans le pire des cas, encouragé (via des mariages arrangés). Manger de la viande est devenu une habitude courante dans les pays industrialisés. Les exploitations industrielles, qui y enferment des animaux de leur naissance jusqu’à leur mort, dans des conditions affreuses sont devenues la norme, et ces pratiques sont peu condamnées par l’ensemble de la population.

Cette exploitation repose principalement sur des arguments dits « naturels »: l’homme a toujours mangé de la viande, elle est nécessaire pour sa survie etc. L’homme a des besoins sexuels qu’il doit assouvir sous peine de mettre en danger la société ou/et la femme doit du sexe à l’homme car elle l’a dragué/est mariée avec lui/a beaucoup d’amants/porte une jupe trop courte etc. Or, ces arguments ne sont que des mythes inventés pour justifier cette domination. On peut vivre heureux et en bonne santé sans manger de viande, et même, sans faire l’amour.

La négation de la souffrance et objectivisation du corps

Pour parvenir à de telles extrémités, il a fallu pour les hommes différencier le corps des femmes et celui des animaux du leur : plus ce corps est différent, moins on ressent de l’empathie pour lui, et plus on se donne le droit de l’exploiter sans remords.

Concernant le corps des femmes, je vous invite à lire un article très long, mais très intéressant sur le blog suivant : http://antisexisme.net/2013/08/13/objectivation-1-2/ qui explique bien les mécanismes utilisés pour faire du corps de la femme un objet.

Concernant les animaux, leur corps, lors de abattage, est découpé, puis transformé, et emballé sous des appellations plus neutres comme « viande », « steak » ou « saucisse ». Tout est fait pour que le consommateur ne fasse pas le lien entre la gentille vache qui broute dans un pré, et le cadavre qu’il a dans l’assiette. La publicité n’hésite pas à utiliser des images qui rassurent le consommateur et lui font croire que l’animal est heureux de se faire exploiter : la vache qui rit en est un parfait exemple. Et présente les morceaux d’animaux de la meilleure manière possible pour faire saliver le consommateur.

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Quant aux femmes, l’objectivisation de leurs corps se retrouve dans la publicité, mais également dans la pornographie et la prostitution. D’ailleurs, les actrices et prostituées sont généralement classées en fonction de leur corps : minces, rondes, blanches, noires, jaunes, jeunes, vieilles etc.

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Tout est fait pour oublier que, derrière une paire de seins ou une cuisse, il existe un être vivant, qui a des sentiments, des joies, des peines. Seul persiste le plaisir du consommateur. La souffrance des animaux et des femmes est également souvent niée : combien de fois ais-je entendu que les animaux ne souffraient pas quand on les abattait ? Que c’est normal d’être violent avec sa partenaire au lit, parce qu’elle aime forcément ça ?

Et encore, je ne parle que de la violence physique, quid de la violence psychologique ?

Cette négation permet de repousser toujours plus loin l’exploitation. Cependant, le corps a ses limites, il ne peut pas tout supporter. Alors, on finit par le jeter, et en choisir un nouveau, comme tout objet, qui serait malheureusement interchangeable. Il existera toujours de nouveaux corps à exploiter.

C’est pourquoi Peta se plante complètement en utilisant des corps de femmes nues, en les assimilant à des animaux maltraités. En effet, ces campagnes sont destinés principalement aux mâles hétérosexuels omnivores vu que Peta utilisent des codes déjà présents dans la pornographie. Codes où la femme qui est soumise est montrée comme désirable. Or, assimiler le corps des animaux à des corps de femmes qui sont désirables est complètement contre-productif puisqu’il s’agit de convaincre les gens de devenir végétariens. D’ailleurs, les industries de la viande l’ont bien compris et utilisent bizarrement souvent les mêmes codes que Peta, mais cette fois-ci pour vendre de la viande ! Voyez ces exemples de publicité juste en dessous :Screen Shot 2013-12-01 at 10.35.27 AM

 

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Sympathie pour le bourreau

L’autre point commun que l’on peut trouver est la dépendance de la victime et de son bourreau. En effet, les femmes, bien qu’elles acquièrent de plus en plus d’indépendance ces dernières années, sont souvent maintenues sous la dominance masculine, que ce soit économiquement ou socialement (par le biais du couple notamment). Elles sont souvent infantilisées, considérées comme incapable de vivre sans un homme à leur côté. Les animaux de compagnie et de ferme ont été sélectionnés et transformés au fil des siècles pour rester sous la dépendance des humains et les espèces agressives ou non domesticables, sont exterminées. On justifie ainsi la captivité dans les zoos du fait que l’animal serait incapable de survivre seul dans la nature.

Le bourreau offre donc à sa victime une contrepartie, et c’est là où les relations de domination se font plus perverses : l’animal doit être reconnaissant envers son maître parce ce dernier le nourrit et le protège, la femme doit être reconnaissante envers l’homme parce que ce dernier l’aime et la protège. S’ensuit alors un syndrome de Stockholm, qui fait que la victime peut apparaître comme consentante à sa propre domination, voir même ressentir de la sympathie, voir de l’affection, pour la personne qui la maltraite.

L’agresseur va alors pouvoir justifier ses maltraitances en blâmant la victime, ce qui le protège de tout sentiment de culpabilité. A cause de ce sentiment de culpabilité, la victime (humaine ici, je ne prétends pas être spécialiste en psychologie animal) se blâme elle-même et non son bourreau, ce qui l’empêche de faire quoi que ce soit contre lui. Et parfois, la victime peut elle-même devenir agresseur sur une autre personne ou sur des animaux, pour se venger des violences qu’elle a subi, ou tenter de reproduire le même schéma, mais dans une situation où elle a le contrôle. La boucle est bouclée.

Conclusion

Le corps des femmes et des animaux est donc perçu par beaucoup d’hommes comme une marchandise. Par tout un processus de dissociation, l’agresseur va chercher à justifier son comportement. Et parce que l’agresseur est souvent le dominant du point de vue sociétal, la domination va ainsi perdurer, car les victimes n’ont pas les moyens de se faire entendre ou dépendent trop de leur agresseur pour arriver à le dénoncer. Il est donc logique que de nombreuses femmes se tournent vers le végétarisme ou végétalisme lorsqu’elles prennent conscience des inégalités entre les sexes, et vice-versa. L’empathie des femmes est plus grande envers les animaux, non pas parce que les femmes seraient soit-disant plus sensibles, plus émotives, mais car elles sont, comme les animaux, les victimes du patriarcat et de la marchandisation de leur corps.

Pourquoi j’ai du mal avec Spike

Spike est un personnage très apprécié du Buffyverse, série qui a la réputation d’être féministe (et qui reste ma série préférée jusqu’à présent). Pourtant, ce personnage est loin d’être un saint, pourtant, nombreux sont les fans à le défendre à tout prix sur les forums. Personnellement, j’aimais beaucoup son personnage de méchant en saison 2. J’ai apprécié aussi son côté loser comique dans la saison 4. Malheureusement, quand il a commencé à développer des sentiments pour Buffy, tout a commencé à basculer. Il y a toujours quelque chose qui m’a gêné dans la relation Buffy/Spike, sans que je sache vraiment pourquoi. Au début, je pensais que c’était parce que j’adorais Buffy/Angel, mais en fait, avec le recul, c’est le traitement même de cette relation dans les dernières saisons qui me gêne.

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Spike et les femmes : une histoire conflictuelle

Le personnage de Spike en tant qu’humain est présenté comme totalement dépendant des femmes qui l’entoure : il vit encore avec sa mère, pour qui il éprouve un amour inconditionnel (et limite incestueux) ; il s’amourache ensuite d’une demoiselle, Cécile, à qui il écrit des poèmes. Lorsqu’il devient vampire, Spike est toujours clairement amouraché d’une femme, Drusilla, qui joue également le rôle de mère pour Spike, puisque c’est elle qui l’a transformé en vampire.  Spike n’a pas d’autre but dans la vie que de servir sa dulcinée. Cependant, Spike est devenu un vampire : comme il est toujours montré comme un incorrigible romantique, entièrement dévoué à la femme qu’il aime, il faut qu’il exprime sa virilité autrement : par la force. Spike se met donc à prendre modèle Angelus et terrorise les humains, en prenant un certain goût pour la violence.

Là, où Angelus s’est vengé des humiliations qu’il a subi quand il était humain en tuant son père et sa famille, Spike, s’en prend lui à un autre bouc émissaire : les Tueuses. Elles représentent pour Spike une manière de restaurer sa virilité : en tuant une Tueuse, qui est considérée comme l’égal d’un vampire niveau force physique, il affirme son pouvoir sur la gente féminine. Les Tueuses sont également des femmes qui dévient des normes traditionnelles associées au féminin, c’est assez intéressant de voir pourquoi Spike est tant obsédé par elles. Bref, on peut affirmer avec certitude que Spike a un problème avec les femmes.

La relation Spike/Drusilla est pleine de passion, mais également de violence, de trahison, ce qui affectera profondément Spike. Mais on voit que Spike a déjà un comportement tout à fait abject vis-à-vis de cette dernière :

  • Drusilla est folle, elle a subi un traumatisme très important à cause d’Angelus et est présentée comme très malade en début de saison 2. Bien que Spike ait l’air d’être aux petits soins avec elle, on ne peut pas s’empêcher de penser que Spike profite de cette faiblesse pour prendre des décisions importantes dans leur couple, sans forcément demander l’avis, jusqu’à ce que Drusilla reprenne des forces. Par exemple, c’est Spike qui décide de s’installer à Sunnydale, alors que Drusilla semblait aimer leur vie à Prague.
  • Spike est maladivement jaloux d’Angelus, qui ne laisse pas Drusilla indifférente. Il va jusqu’à la trahir, en s’alliant avec sa pire ennemie de l’époque, Buffy, juste pour pouvoir la récupérer.
  • Dans Acathla, il assomme Drusilla, et l’enlève alors qu’elle est inconsciente.
  • En saison 3, Spike veut créer un filtre d’amour pour forcer Drusilla à l’aimer de nouveau (ce qui équivaut ni plus ni moins à un viol). D’ailleurs, à la fin de l’épisode, il dit clairement qu’il va la torturer jusqu’à ce qu’elle retombe amoureuse de lui Oo spikedru

La relation Spike/Drusilla en dit long sur comment Spike considère le consentement dans un couple. Alors bien sûr, on pourrait arguer sur le fait que Spike n’a pas d’âme, que Drusilla est également méchante etc. Mais ce qui est surtout dérangeant, c’est que la série nous présente Spike comme un loser sympathique, victime, car abandonné par la femme qu’il aime, contrairement aux actes d’Angelus qui sont condamnés clairement dans la série. De plus, la frontière entre la personnalité de Spike avec et sans âme est beaucoup plus floue que pour celle d’Angel, ce qui est confirmé par ailleurs dans les saisons suivantes.

Avec Harmony, Spike se comporte comme un monstre avec elle : okay, Harmony est pénible, mais elle n’est jamais présentée comme un personnage foncièrement mauvais et elle aime sincèrement Spike. Sauf que Spike passe son temps à la rabaisser, à la menacer, à l’utiliser comme un objet sexuel et n’hésite pas à la tuer, juste pour récupérer un bijou. Ajoutons également la scène assez dérangeante dans la saison 4, où Spike agresse Willow dans sa chambre, la plaque de force sur son lit, et tente de la mordre. Si on part du principe que la morsure d’un vampire est une métaphore sexuelle (ce qui est d’ailleurs renforcé dans la scène suivante où le fait que Spike n’arrive pas à mordre Willow est comparé à de l’impuissance), cette scène est clairement une tentative de viol.

Saison 5 : le héros romantique

Spike finit par tomber amoureux de son ennemi, Buffy et commence à devenir complètement obsédé par elle. Spike se met à épier Buffy, à la suivre, mais tout cela est présenté comme quelque chose d’humoristique. Il va même jusqu’à s’introduire dans sa chambre par effraction pour lui voler ses sous-vêtements. Spike va plus loin en s’immisçant dans la vie privée de Buffy contre son gré, en causant la rupture entre Buffy et Riley de manière indirecte, en dévoilant ce que fait Riley dans le squat de vampires. La voie étant libre, Spike, au lieu de simplement annoncer modestement à Buffy qu’il est amoureux d’elle, va l’assommer, l’enchaîner au fond d’une grotte et la forcer à l’écouter déblatérer ses sentiments, alors qu’elle lui dit clairement d’arrêter. Spike sait désespérément que ses sentiments ne sont pas réciproques, et pourtant il force Buffy en brisant sa liberté en l’enchaînant, puis lui fait un énorme chantage en lui disant que si elle n’avoue pas qu’il puisse avoir une chance avec elle un jour, il laissera Drusilla la tuer. Bref, Spike fait tout pour forcer Buffy pour obtenir son amour, en vain.

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Enchaîner quelqu’un contre son gré, le romantisme selon Spike.

Ne pouvant obtenir Buffy, il va donc tenter un substitut : il construit le Buffy robot, qui est une copie conforme de Buffy niveau physique, mais complètement vide à l’intérieur. Cela montre bien que Spike veut posséder avant tout le corps de Buffy, et qu’il ne se préoccupe guère de ce qu’elle ressent, de sa personnalité, car il est prêt à coucher avec un robot (qui ne peut dire non) pour assouvir ses fantasmes de domination sur une Tueuse. Là encore, l’épisode autour du Buffy robot est présenté de manière humoristique, contrairement à l’épisode précédent, où la construction du robot April par Warren était clairement condamnée par les scénaristes. De plus, l’acte horrible de Spike est atténué par son comportement héroïque à la fin de l’épisode, lorsque, malgré les tortures, il refuse de livrer Dawn à Gloria.

En parlant de fantasme de domination, si Spike est particulièrement obsédé par Buffy, c’est vraisemblablement parce qu’elle est la seule Tueuse à lui résister. Spike, frustré de ne pouvoir tuer Buffy, va résoudre son problème en cherchant à coucher avec elle, qu’elle soit consentante ou non, ce qui est un moyen courant pour les hommes d’assurer leur emprise sur les femmes.

Saison 6 : harcèlement et viol

Dans la saison 6, Buffy est dépressive et se confie à Spike sur son mal être. Il n’est pas anodin que Buffy n’embrasse Spike que dans les moments où elle est profondément désespérée : soit après avoir tenté de se suicider à la fin de l’épisode musical, puis lorsqu’elle déprime seule au Bronze suite au départ de Giles et la rupture Willow/Tara dans l’épisode suivant. Après ses deux baisers, Spike ne cesse de harceler Buffy sur ce qu’il s’est passé, bien que cette dernière le repousse à chaque fois. Lorsque Spike découvre qu’il peut à nouveau frapper Buffy, il s’en donne à cœur joie. S’ensuit un combat qui finira par un rapport sexuel particulièrement violent.

Le lendemain matin, Spike tente de convaincre Buffy de rester, et n’écoute pas ses refus. Par la suite, il ne cessera de lui tourner autour pour demander un peu de sexe : il lui rend visite au Double meat Palace, il la retrouve au Bronze pour la prendre par derrière en plein lieu public, il s’incruste à sa fête d’anniversaire alors que Buffy ne voulait pas qu’il vienne…Lorsque les deux amants couchent ensemble, Spike ne cesse de questionner de manière lourde Buffy sur ses sentiments, alors que celle-ci insiste sur le fait qu’il n’y a rien de sérieux entre eux, que c’est juste pour s’amuser, et qu’elle ne l’aime pas.

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Spike, lui, n’écoute pas ce que dit Buffy. Pour lui, c’est clair, Buffy nie ses propres sentiments parce qu’elle n’assume pas d’aimer quelqu’un comme lui. Rappelons cependant que Buffy a aimé Angel, qui est également un vampire et qui a commis des crimes horribles, ainsi que Parker, qui est une abjecte pourriture, et Riley, qui est très macho. Elle a aussi été attirée par Dracula, un vampire sans âme particulièrement cruel. Le raisonnement de Spike ne tient pas debout, tout est prétexte pour nier la capacité de Buffy à faire des choix et à évaluer ses propres sentiments.

Après leur rupture, Spike continue tout de même à harceler Buffy de manière pitoyable : il ramène une fille au mariage d’Alex et Anya, juste pour essayer de la rendre jalouse, il couche avec une de ses meilleures amies, Anya, alors que celle-ci est saoule et désespérée pour avoir été larguée sur les marches de l’autel par Alex. Et il n’hésite pas à faire du chantage à Buffy : si elle ne revient pas, il dira tout sur leur relation à ses amis. Finalement, il finit quand même par tout balancer à Alex, juste pour se venger d’avoir été repoussé.

Nous arrivons ensuite à la scène de la tentative de viol, qui est particulièrement horrible. Spike s’incruste chez Buffy, elle lui demande de partir, il refuse. Il lui parle, elle lui redemande d’arrêter et de partir. Il continue, puis en vient à tenter de l’embrasser, la toucher de force etc. Spike profite en plus du fait que Buffy est blessée physiquement à ce moment là pour s’en prendre à elle. La scène est montrée sans ambigüité comme un viol, on entend les cris de Buffy, on la voit même pleurer. Pourtant, j’entends encore des fans défendre Spike aujourd’hui, comme quoi Buffy a joué avec le feu, qu’ils avaient eu des rapports très violents auparavant, c’est normal ce qui lui arrive (comme d’habitude la faute retombe sur la victime).

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Auparavant, je reconnais que Buffy a pu jouer le rôle d’agresseur au moins une fois: par exemple, dans l’épisode la femme invisible, Buffy plaque violemment Spike contre un mur et commence à le déshabiller violemment, alors que Spike n’est pas au courant que c’est elle. Il s’agit bel et bien d’une agression, et dans cette scène, le comportement de Buffy est clairement condamnable. Buffy d’ailleurs le reconnaît tout au long de la saison, s’excusant auprès de Spike de l’avoir traité comme un objet, et souffre directement de cette situation. Cependant, on ne compte pas le nombre de fois où Spike harcèle Buffy, l’agresse sexuellement, lui fait du chantage dans les saisons 5 et 6, mais tout cela est présenté comme un truc super romantique. Et ce dernier ne semble en éprouver aucun remords.

Saison 7 : l’apologie de l’agresseur

Ce qui est encore plus dérangeant dans la scène de viol, c’est qu’elle sert uniquement à développer la personnalité de l’agresseur. Ainsi, cette scène est le déclencheur pour Spike qui le motive à aller récupérer son âme, pour être à nouveau digne de Buffy. Les conséquences sur Buffy sont infimes : un court flashback en début de saison est là pour nous rappeler ses souvenirs de cette agression. Mais c’est tout. On n’en reparle plus jamais au court de la saison, alors que les remords de Spike sont assez développés à l’inverse.

Que Buffy n’ait pas été traumatisée par cet évènement, pourquoi pas ? Il existe des victimes d’agressions qui arrivent très bien à se reconstruire très rapidement, qui ne semblent pas traumatisées. Mais que l’on choisit de se concentrer sur l’agresseur et ses remords est problématique, d’autant plus que les scénaristes tentent par tous les moyens de rendre Spike sympathique dans cette saison. Pour en rajouter, Buffy semble refaire confiance à Spike en un clin d’œil, malgré le fait qu’il est essayé de la tuer elle et ses amies plusieurs fois, malgré le fait qu’il ait essayé de la violer…C’est une aberration totale quand on pense à ce qu’il s’est passé dans la saison précédente. Pardonner à son violeur est une chose possible dans la réalité, mais lui refaire totalement confiance du jour au lendemain, est complètement irréaliste (vécu).

Buffy utilise l’argument « il a une âme » pour se justifier. Non, les scénaristes, ça ne marche pas. Dans les saisons précédentes, vous nous avez montré qu’on pouvait très bien tuer quelqu’un de sang froid en ayant une âme à travers le personnage de Warren ou celui de Willow. Le fait que Spike ait une âme ne change pas grand-chose, d’autant plus qu’il continue à tuer des innocents en se faisant manipuler par la force, alors qu’il a une âme.

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Dormir tranquillement dans les bras de son agresseur qui vous regarde dormir, fastoche !

On atteint l’aberration totale quand Buffy sous-entend qu’elle est peut être amoureuse de Spike, et qu’elle le défend contre tout ses amis, quand bien même ce dernier est particulièrement dangereux car il est manipulé directement par la Force. Après tout, Buffy est prête à sacrifier une de ses meilleures amies, Anya, et même sa propre sœur, Dawn, si le devoir le nécessait, par contre, Spike, l’homme qui l’a agressé, elle et plein d’autres femmes, non elle ne peut pas….Elle tourne même le dos à Giles, son mentor, son soutien depuis le début de la série, juste parce qu’il a voulu faire ce que Buffy était incapable d’effectuer elle-même. Excusez-moi, mais j’ai du mal à comprendre les scénaristes sur ce coup.

La tentative de viol est vue comme une manière de ressouder le couple Buffy/Spike dans la saison 7 qui finit de manière romantique dans le dernier épisode. Ce qu’il y avait d’intéressant dans la relation Buffy/Angel, c’est que l’histoire avec Angelus avait eu un réel impact sur leur relation dans la saison 3. C’est même un des éléments principaux qui a conduit à leur rupture : Buffy et Angel sont tous les deux traumatisés par cet événement, et malgré leur amour, il leur est impossible d’oublier, d’aller de l’avant s’ils restent ensemble. Pour Buffy/Spike, on ne reparle pas des événements tout aussi traumatisants de la saison 6, cela n’a aucun impact sur le couple, à part faire de Spike un homme meilleur et de rendre Buffy amoureuse. Vous vous rendez compte ? Violer ou agresser sexuellement une femme permet à vous messieurs, de faire de vous des hommes meilleurs, et en plus la femme tombera inévitablement sous votre charme après ça ? Quel message la série cherche t-elle à faire passer ?

Spike va même jusqu’à se sacrifier pour sauver sa belle et le monde, occultant la portée féministe du dernier épisode. Bref, la série finit sur la rédemption de Spike, qui devient un héros… On aurait été dans un film particulièrement sexiste comme Twilight, cela paraîtrait moins choquant. Mais pour une série comme Buffy, qui se revendique « féministe », je trouve le traitement de la relation Buffy/Spike vraiment maladroit, voir choquant.

Le plaisir féminin…ce grand inconnu

Plaisir où es-tu ?

Aujourd’hui, nous allons parler un peu de sexe.

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Je suis tombée l’autre jour sur cet article qui décrit que les femmes lesbiennes auraient davantage d’orgasme au lit que les femmes hétérosexuelles: http://www.huffingtonpost.fr/2014/08/21/sexualite-lesbiennes-orgasmes-hetero_n_5697179.html Ce qu’il y’a d’intéressant, c’est que peu de femmes arrivent à jouir par le seul acte de pénétration vaginale. Je m’intéresserais donc uniquement aux couples hétérosexuels et aux problèmes qu’ils rencontrent au niveau du plaisir féminin.

Je me suis alors interrogée sur les raisons des difficultés à atteindre l’orgasme féminin, n’ayant moi-même pas eu la chance d’expérimenter l’orgasme autrement que par la masturbation. Longtemps, j’ai pensé que c’était moi le problème. En effet, j’ai toujours lu beaucoup de magazines féminins comme Cosmo, Glamour, Marie-claire et cie. et j’ai souvent eu l’occasion de lire des témoignages de femmes dans mon cas qui aimeraient grimper au rideau avec leur partenaire mais ne savent pas comment s’y prendre. Or, dans la quasi-totalité des conseils que j’ai pu lire dans ces articles, on lisait clairement: si vous n’arrivez pas à jouir, c’est de votre faute. Bien évidemment, cela n’était pas écrit aussi brutalement, mais les articles déclaraient que c’était à la femme de lâcher prise, de se détendre, ne pas hésiter à acheter toutes sortes d’objets pour stimuler ses zones érogènes (ben oui, il faut bien faire marcher le business quand même) de trouver tous les stratagèmes possibles pour se laisser aller etc. Or, dans ces articles, on parle à peine du partenaire. Le sexe n’est-il pas censé pourtant se pratiquer à deux (et plus si affinités) ?

C’est comme si les magazines féminins refusaient de critiquer les hommes et leurs performances sexuels. Bien évidemment, je ne dis pas que tout est de la faute de ses derniers, mais il est clair que la vision et la pratique du sexe « mainstream » ne joue pas en faveur du plaisir féminin. Qu’entendons-nous par sexe mainstream ou standard (pour éviter les anglicismes) ? Et bien que le rapport sexuel « de base » est composé d’un peu de préliminaires (principalement pour faire plaisir à madame), d’une pénétration vaginale, puis finit par une éjaculation masculine. Evidemment, il existe des variantes avec différentes pratiques qui viennent s’y ajouter (sexe oral, anal, masturbation…), mais il est inutile de nier que dans l’imaginaire de la plupart des gens, les trois composantes que j’ai cité au-dessus sont quasi obligatoires à chaque rapport. En particulier chez les hommes.

Mais ne blâmons pas complètement les hommes, qui cherchent tout de même à nous donner du plaisir, bien qu’ils s’y prennent souvent assez mal. La faute à une timidité maladive, une méconnaissance cruelle du corps des femmes, un manque d’expérience important, des idées préconçus sur le plaisir féminin, des clichés véhiculés par les films pornographiques et un manque cruel de communication. Pour les femmes, il peut être plus aisé de comprendre le désir et plaisir masculin, car celui-ci s’affiche partout: à la télé, dans les pubs, sur Internet, dans les magazines etc. Mais les hommes cherchent-ils véritablement à en savoir plus sur le désir et le plaisir féminin ?

Ils essayent, tâtonnent, expérimentent…mais sans chercher à déconstruire complètement le rapport sexuel standard. En effet, de nombreuses études montrent que très peu de femmes jouissent grâce à l’unique pénétration vaginale, alors qu’il s’agit pourtant d’une des pratiques les plus répandues. Cela signifie t-il que le rapport est terminé ? Je vous laisse découvrir le rapport de l’Ifop pour plus de détails: http://www.ifop.com/media/poll/2886-1-study_file.pdf 

Orgasme et sociologie

Le sexe standard a pour but de maintenir les hommes clairement actifs pendant l’acte. C’est l’homme qui en général initie l’acte, et c’est son orgasme qui indique que le rapport sexuel est terminé, peu importe si sa partenaire a joui. Oui, bien sûr, je généralise, mais peu d’hommes seraient prêts en effet à mettre un peu de côté la pénétration pour se concentrer sur les préliminaires. Beaucoup d’hommes ont peur d’éjaculer trop rapidement, c’est une des raisons pour lesquelles ils bâclent parfois les préliminaires (surtout chez les plus jeunes). Mais est-ce si grave s’ils éjaculent avant de nous avoir pénétré ?  Est-ce que la pénétration et l’éjaculation dans le vagin est toujours obligatoire dans chaque rapport sexuel ? En parlant de ma propre expérience, tous mes partenaires étaient bien trop fatigués après avoir joui pour continuer quoi que ce soit avec moi. Parce que même si on ne bande plus, ça n’empêche pas qu’on puisse toujours continuer à caresser sa partenaire par exemple, et éventuellement, à la faire jouir. Le sexe standard tourne donc majoritairement autour du désir et plaisir masculin, qui est initié par l’érection et s’achève par l’éjaculation.

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Le sommeil du vainqueur…

Certes, de nombreux hommes mettent un point d’honneur à vouloir faire jouir leur partenaire. Malheureusement, certains vont faire durer le rapport tant qu’ils n’entendent pas le cri de jouissance de la femme qui leur fait penser qu’elle jouit. Ce qui mène certaines femmes à simuler. En effet, un rapport sexuel trop long, en particulier une pénétration, peut être, au mieux ennuyeuse pour l’autre partenaire, au pire douloureuse. L’éjaculation dans la vagin sans préservatif peut également être désagréable pour la femme (le sperme, ça colle et ça coule de partout), voir parfois douloureuse (notamment en cas de mycose ou d’IST). Ce qui peut pousser donc la femme à simuler un orgasme dans le but que le rapport s’arrête. Mais dans cet article, on voit que la raison principale pour laquelle la femme simule, c’est pour booster l’égo de son partenaire: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/03/28/22170-femmes-ont-parfois-bonnes-raisons-simuler-lorgasme

Les hommes auraient besoin d’être encouragés, choyés pendant le sexe. Mais pourquoi cela ne marche t-il que dans un sens ? Nous allons maintenant pointer les différences au niveau du rapport au sexe qu’entretiennent les hommes et les femmes. Pour la majorité des hommes, ne pas réussir à bander et à ne pas éjaculer est vu comme une malédiction, un affront à leur virilité. Ne pas mouiller, ne pas jouir, pour la majorité des femmes, cela peut être très frustrant, mais ce ne sera pas un affront à leur féminité. On peut y voir plusieurs raisons de cette différence:

– la virilité est ce qui définit le genre masculin dans notre société. Or, la virilité se définit quasi exclusivement par le fait de coucher avec de nombreuses femmes. Ne pas réussir à accomplir cette tâche fait donc penser à l’homme qu’il n’est pas un véritable « mec », ce qui froisse son égo;

– le sexe chez les hommes est extrêmement compétitif: c’est celui qui aura couché avec la plus belle femme ou avec le plus de filles possibles, ou celui qui aura la plus grosse, celui qui aura fait toutes les positions inimaginables, qui aura couché dans le plus d’endroits improbables possibles etc. C’est pour cela que les hommes ont bien du mal à parler de sexe dans les détails entre eux. Il y a toujours cet aspect de compétition qui perdure, qui pousse parfois certains à exagérer leur performance et à réduire les femmes au statut d’objets sexuels pour asseoir leur virilité;

– la féminité ne se définit pas uniquement à travers le sexe, contrairement à la virilité. Certes, l’aspect sexuel est très important, en particulier de nos jours, mais la féminité se définit avant tout par les relations avec autrui, qu’elle soit inter-familiale (ex: la mère) ou maritale (ex: l’épouse). La féminité n’implique pas de compétition au niveau du sexe, car la femme est censée être passive, tournée toute entière vers le plaisir masculin. L’accomplissement ultime pour une femme dans notre société n’est pas de jouir, mais de faire jouir l’homme.

Les barrières au plaisir féminin

On pourra me dire que le plaisir féminin est plus complexe que le plaisir masculin, qu’il est plus difficile de savoir ce qu’une femme aime etc. Je ne pense pas malheureusement que c’est cela le problème. Certes, je ne nie pas que les différences entre plaisir masculin et féminin, en particulier au niveau anatomique, mais mettre tout sur le dos de l’anatomie me paraît trop simpliste et erroné. Chaque homme et chaque femme est différent, n’aime pas les mêmes choses et n’arrivera pas à jouir de la même manière. S’il est plus facile pour une femme de comprendre ce qui peut faire jouir son homme, ce n’est pas parce que la jouissance masculine est plus « mécanique », c’est parce qu’elles sont conditionnées depuis leur plus jeune âge à satisfaire ce besoin (et pas uniquement les besoins sexuels). Les magazines féminins en sont la preuve : ces magazines dédiés aux filles dès 12 ans !! ont des rubriques beauté et sexo pour informer les filles sur ce qui plaît aux garçons. Est-ce que de tels magazines existent pour les hommes ? Non.

La famille, les amis et l’école sont aussi des moyens d’information pour les jeunes filles. En général, dès qu’elles ont leurs règles, un dialogue s’installe avec ces trois vecteurs, ce qui est l’occasion de sensibiliser en particulier les femmes sur la grossesse, la contraception et les maladies sexuellement transmissibles. Mais c’est également l’occasion pour ces filles d’aborder des sujets plus larges concernant le sexe. Malheureusement, même si les garçons sont parfois conviés à ce genre d’événements, on les implique très peu. Il y a comme un tabou pour les adultes de parler de sexe à un garçon. Pourtant, ces derniers se montrent très souvent curieux, mais ils n’osent pas forcément poser leurs questions, en particulier devant les copains, de peur de passer pour un nul, un puceau qui ne sait pas s’y prendre. Certes, les filles sont également élevées dans la pudeur quand elles parlent de sexe. Mais on voit que, de nos jours, cette pudeur a tendance à s’effacer lorsque les filles se retrouvent entre elles, les garçons étant vu comme un des sujets principales de conversation pour les filles, il est tout naturel qu’elles finissent par parler de sexe.

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Jouer à la barbie est également une façon d’apprendre le sexe pour les filles.

Une frontière se créée entre les garçons et les filles, qui ne sont pas invitées à se poser les mêmes questions en matière de sexe. Ne devrait-on pas plutôt initier le dialogue entre les deux ? Car, l’obstacle majeur au plaisir féminin, en dépit de toutes les injonctions de notre société patriarcale et les souffrances que subissent les femmes (viols, agressions sexuelles, coups, mutilation etc.), c’est bel et bien le manque de communication au sein du couple. La plupart des hommes que j’ai rencontré rechigne à parler de sexe, que ce soit avant, pendant ou après. J’ai très peu entendu cette question: « qu’est-ce que tu aimes ? », mais c’était plutôt cette question qui revenait: « qu’est ce que tu ne fais pas ? ».

On voit donc que pour beaucoup d’hommes et femmes, c’est le plaisir masculin qui est la norme, et c’est à la femme de s’adapter, de poser ses conditions. Les femmes n’osent pas formuler leur demande de peur de vexer leur partenaire, elles ne veulent pas qu’il croit qu’il est un mauvais coup parce qu’elles ne sont pas entièrement satisfaites au lit. Et les hommes n’osent pas demander aux femmes ce qu’elles veulent, car ils ont peur de passer pour des nuls. Un rapport sexuel qui est un échec sera plus souvent un fardeau plus lourd pour un homme, contrairement à la femme, car c’est lui qui est censé être actif. Il est donc temps de dépoussiérer un peu tout ça, de faire comprendre aux hommes que le sexe se pratique à deux, et que si parfois, cela ne se passe pas bien, ce n’est en aucun cas la fin du monde. Nous sommes des humains, pas des machines et ça arrive à tout le monde de se planter, de ne pas être trop d’humeur, et mieux vaut en rire que d’en faire tout un drame.

La communication peut également être la clé pour aller vers une relation plus égalitaire. En verbalisant ses désirs, ses attentes, ses refus au niveau du sexe, la femme cesse de devenir passive, de n’être qu’un simple objet sexuel, condamnée à se taire et à subir la volonté masculine. L’homme se rend compte également que toutes les femmes sont différentes, qu’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton magique pour les faire toutes automatiquement jouir. Et la réciproque homme-femme est également vraie.

Trouver des solutions

Que de travail nous reste t-il à accomplir pour libérer le plaisir féminin de ses entraves ! Ce dernier reste encore majoritairement tabou: les femmes, même si elles parlent parfois beaucoup de sexe, parlent très peu de plaisir. Elles ne font que copier le discours des hommes sur le côté performance de l’acte. La masturbation et l’éjaculation féminine sont encore des sujets tabous. Les femmes sont encouragées à jouir uniquement par le biais du phallus, ou bien d’un substitut, comme le sex-toy, ce qui est une manière de faire vendre encore des choses aux femmes. On ne les encourage pas à prendre leur plaisir en main, au contraire, on les culpabilise quand elles n’y arrivent pas (cf: les magazines féminins que j’ai mentionnées plus haut), on les stigmatise quand elles osent exprimer haut et fort leurs plaisirs.

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Il est d’ailleurs contradictoire qu’on pousse désormais les femmes à jouir, alors qu’on leur a toujours enseigné de contrôler, maîtriser, cacher leurs propre sexualité et désirs. Le plaisir féminin est maintenu sous contrôle par la société patriarcale car il est vu comme dangereux, selon plusieurs craintes:

– Si les femmes se concentrent désormais sur leur plaisir, elles ne s’intéresseront plus au plaisir des hommes;

– Si les femmes peuvent jouir sans avoir besoin automatiquement d’un homme, elles ne voudront plus coucher avec eux;

– Si les femmes commencent à devenir actives dans les rapports sexuels, les hommes deviendront passifs, ce qui est un affront à leur virilité;

– Si les femmes expriment trop leur droit au plaisir, elles n’accepteront plus de se taire, d’être des objets et de subir les injonctions masculines au niveau du sexe, puis dans la vie de tous les jours.

Bien évidemment, ces craintes ne sont que des peurs infondées, basés sur la perte des privilèges que possèdent les hommes sur le corps des femmes. Il faut donc que chacun y mette du sien pour pouvoir changer les choses à son niveau: renouer le dialogue, accepter d’écouter l’autre, faire le deuil de certains fantasmes, détruire les clichés pour inscrire le sexe dans une réalité – basé sur le plaisir et non la performance – qui concerne uniquement les deux partenaires (et plus si affinités !),  et non pas la société toute entière. Mais cela n’est pas inné, c’est à nous, adultes, de donner des pistes aux plus jeunes pour qu’ils puissent s’épanouir dans leur lit et aussi dans leur vie.

La face cachée des clowns

Ces derniers temps, les clowns reviennent à la mode, mais on est loin de l’image du gentil clown qui fait rire les enfants…Des petits malins semblent surfer sur la phobie des clowns, ou coulrophobie, pour effrayer les passants. Moi-même, je dois avouer que les clowns me font également bien flipper. Petit retour sur les raisons qui font que vous devriez vous aussi avoir une peur bleue de ces créatures.

Le cirque, un univers qui cache bien son jeu

Ah le cirque ! Un univers merveilleux…Déjà, toute petite, je n’aimais pas les cirques. Je me sentais mal à l’aise devant ce genre de spectacle, mais je ne savais pas pourquoi. En fait, je n’avais pas tord car le cirque traîne une sombre histoire derrière elle, mêlant violences, humiliations, racisme, sexisme et spécisme: autrefois, on y amenait des gens difformes pour les exhiber devant le public. Inutile de rappeler la tragique histoire de Saartjie Baartman, plus connue sous le nom de la Vénus noire, qui n’était réduite qu’à un simple corps, sans émotions, sans âme (on la comparait d’ailleurs à un animal). De nos jours, les exhibitions humaines sont interdites, mais on continue d’y présenter des animaux sauvages, forcés de réaliser des tours absurdes, dans l’unique but de faire rire le public.

Le clown symbolise l’univers du cirque. Tout comme les animaux, il est là pour faire rire les petits enfants, peu importe les circonstances. Cette obligation à rire devant la vue d’un clown est assez dérangeante lorsque l’on est enfant. Surtout que la vie de clown, comme celle des animaux qui sont enfermés et souvent maltraités, est loin d’être drôle dans la réalité. En effet, il s’agit d’un métier très précaire, et l’exemple de clown triste, ou sombrant dans l’alcoolisme, la dépression ou le meurtre est assez répandu (John Wayne Gracy, Jean Gaspard Deburau, Joseph Grimaldi…). Le cirque tente donc de cacher la misère et la violence de son univers derrière un spectacle qui se veut amusant et magique à destination des plus jeunes, tout comme le clown essaye de cacher son mal-être derrière son maquillage et un faux sourire.

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Dans le dessin animé de Walt Disney, Dumbo, la scène avec les clowns où Dumbo est forcé de plonger met vraiment mal à l’aise.

Le clown a également recours à des blagues, que l’on pourrait qualifier de douteuses, voir parfois d’humiliations. Mais évidemment, le clown est excusé d’aller aussi loin, vu que c’est de l’humour…Cela me fait penser à certaines personnes qui trouvait ça trop lol de détourner des photos sur Internet d’une jeune fille à moitié nue, venant de se faire violer. Bah oui, l’humiliation, c’est trop drôle quoi…

Le clown dans la culture populaire

Le cinéma, la télévision et la littérature n’y vont pas de main morte avec l’image du clown. Inutile de vous préciser que je n’ai jamais lu, ni vu Ça de Stephen King, tellement les quelques photos que j’ai pu voir de l’adaptation me foutent les chocottes. Le clown est souvent synonyme de psychopathe dans les médias. Son rire forcé, et ses excentricités le rapproche de la folie, d’autant plus que son épais maquillage empêche les gens de deviner ses intentions réelles.

PHOd94df7c2-5de9-11e4-abee-b0bc3c2c1ebf-805x453                                     Bouh ! 

On peut citer dans les Simpsons, le fameux épisode « le premier mot de Lisa », où Homer construit un lit en forme de clown pour Bart. Mais le clown en question est vraiment horrible et Bart en fait des cauchemars toute la nuit.  J’ai vu cet épisode quand j’étais toute jeune et il m’a vraiment marqué. Je précise qu’après, je me suis mise à détester fermement Krusty le clown. Il y a également une bande dessinée d’Adèle Blanc-sec où on voit plusieurs clowns se faire tuer mystérieusement. J’ai encore l’image du clown pendu dans ma tête. Bref, le clown est associé directement à la mort.

Citons également le fameux Joker qui est sans doute l’antagoniste de Batman le plus connu et le plus flippant. En plus de son maquillage et costume, l’imprévisibilité du personnage, son sadisme et le fait qu’il est impossible de connaître sa véritable histoire rend le personnage très dérangeant. Dans la série Buffy, Alex est poursuivi dans son cauchemar par un clown qui l’avait traumatisé lorsqu’il était petit. D’ailleurs, ce qui rend le clown encore plus terrifiant,c’est qu’il s’agit d’une peur originaire de l’enfance le plus souvent.The_Clown_Bed

Or, on sait bien que l’on est beaucoup plus impressionnable étant enfants qu’en étant adultes, ce qui explique pourquoi le souvenir de cette peur peut faire encore frémir aujourd’hui des adultes. L’enfant qui a peur des clowns voit souvent sa peur minimiser, voir moquer (contrairement à certaines phobies) par les adultes ou les autres enfants, ce qui renforce le malaise de l’enfant, car il a l’impression que personne ne l’écoute, ni le comprend. Si le clown s’avère abusif envers l’enfant, personne n’ira donc croire ce dernier, car les clowns sont censés faire rire et ne pas être pris au sérieux.

Conclusion

Le clown est donc un personnage qui peut mettre mal à l’aise, voir terrifie, à cause de sa symbolique et de sa façon de se cacher derrière l’humour face à des événements tragiques. Le personnage du clown nous renvoie également au ridicule et à l’absurdité de notre propre existence. Il est d’ailleurs assez amusant de remarquer que l’enseigne Mc Donald’s a choisi un clown comme égérie. Peut-être pour faire oublier aux clients que la fréquentation des Mc Donald’s entraîne de nombreuses maladies, comme l’obésité, mais également l’exploitation des employés, et la torture et le meurtre de millions d’animaux.

ronald-mcdonald1                      Le gras, l’exploitation et le meurtre, c’est tellement fun !

 

I want to break free ou l’ultime libération

Reparlons un peu de Queen, et de leur fameux clip, « I want to break free ». Ce clip est entré dans les annales en grande partie parce qu’il nous offre une séance de travestissement de la part des membres du groupe. Mais penchons-nous un peu sur l’analyse des paroles de la chanson et du clip qui peuvent être interprétés de différentes façons. En voici l’une d’elle.

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Desesperate housewives

La première partie du clip est une parodie de la célèbre série britannique « Coronation street ». Les membres du groupe sont travesties en divers personnages féminins très clichés. Freddie campe une femme au foyer, condamnée à faire le ménage en attendant que son mari rentre, tout en devant rester sexy (cf, les bas résilles et talons ainsi que les poses suggestives que prend Freddie dans cette tenue). John Deacon est une grand mère acariâtre, vêtue de noire, et faisant tout le temps la tronche.  Brian May est une femme au foyer passant son temps à se pomponner. Et Roger Taylor est le stéréotype de la jeune lycéenne, portant des couettes et une jupette.

Les paroles de la chanson sont très explicites à ce moment là:

« I want to break free
from your lies
You’re so self satisfied I don’t need you
I’ve got to break free
God knows, God knows I want to break free.

Ainsi, on peut comprendre qu’il s’agit d’une personne étant en couple, mais ne supportant plus certains défauts de son partenaire et a l’impression d’étouffer . Ce message est renforcé par le fait que Freddie campe une femme au foyer agacée par sa situation. Elle doit se livrer aux tâches ménagères pénibles, ce qui est le cas encore aujourd’hui d’une grande majorité de femmes. D’ailleurs le travestissement peut signifier une double lecture: au premier degré, il s’agit d’une femme qui cherche à se libérer de sa condition de femme. Au second degré, il s’agit d’un homme qui veut se libérer de sa condition d’homme en se travestissant.

Mais toutes les femmes ne souhaitent pas se libérer: ça ne semble pas être le cas des personnages de Brian May ou de John Deacon, qui semblent appartenir à la classe supérieure. Par contre, Freddie et Roger Taylor, qui font tout deux des tâches ménagères contrairement aux autres, aspirent clairement à une autre vie.

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Ensuite, Freddie ouvre la porte qui présente la seconde partie du clip, que l’on peut interpréter comme une version fantasmée du personnage de Freddie.

L’après-midi d’un faune

La seconde partie présente le groupe, habillé de manière normale, entourés de personnages sans visage, portant des lampes torches.

Seuls les membres du groupe sont illuminés par un faisceau de lumière. Ainsi, ce rêve peut représenter le désir de la personne de se démarquer de la foule, ce qui est une condition inhérente à son désir d’être libre. Se libérer consiste donc à faire abstraction des critiques des autres pour pouvoir devenir enfin ce que l’on veut être.

making-of-i-want-to-break-free-4« I’ve fallen in love
I’ve fallen in love for the first time

And this time I know it’s for real
I’ve fallen in love, yeah
God knows, God knows I’ve fallen in love. »

La troisième partie est une représentation d’un ballet de Vaslav Nijinsky, l’après-midi d’un faune, inspirée d’une oeuvre de Claude Debussy. Le désir de libération atteint son paroxysme, car on y voit Freddie danser avec d’autres personnes, dans des scènes rappelant les orgies de Dionysos. L’aspect très sexuel de cette danse est renforcé par les tenues (très moulantes) des danseurs et que l’oeuvre original raconte comment un faune tente de séduire plusieurs nymphes. La libération est donc également sexuelle, et la frontière entre les sexes est aboli (les danseurs portant tous les même costumes, cachant leurs attributs sexuels respectifs).

Retour à la réalité

Malheureusement, le rêve prend fin, et l’on retrouve Freddie et compagnie en tenue ménagère:

But life still goes on
I can’t get used to, living without, living without,
Living without you by my side
I don’t want to live alone, hey
God knows, got to make it on my own
So baby can’t you see
I’ve got to break free.

Le paradoxe entre le fait de ne plus supporter ce que l’autre nous fait subir, mais l’attachement que l’on porte à cette personne, la peur de se retrouver seul marque la fin de la chanson. Se libérer, c’est évidemment prendre le risque de perdre quelque chose et devoir affronter l’inconnu. Ce retour brutal à la réalité montre qu’il y a encore du chemin à faire, niveau libération des femmes…